13 novembre 2005

Excusons nous!

Aujourd’hui incendier une école, une voiture ou tout autre matière inflammable semble être un acte fort d’affirmation. Aujourd’hui un « appel à la haine » est un « appel au secours »(Alain Finkielkraut). Aujourd’hui « la violence est légitime ».

Que s’est il donc passé pour que les Institutions, "chasse gardée" des activistes républicains et des bureaucrates adeptes d’un Enarchisme ambiant, s’enferment dans un mutisme hallucinant de lâcheté. Je ne reviendrais pas sur la tiédeur républicaine, mais lorsque quelqu’un, sur un plateau de télévision parle d’une violence légitime, justifiant par la même la « barbarie » ordinaire de ceux que l’on nomme aujourd’hui, de façon très républicaine et bien pensante « les jeunes », le seuil de tolérance me semble largement dépassé.

Justifier, toujours tout justifier. Nous sommes arrivé dans l’ère de la justification de tout, quelque soit les fins et quelques soit les moyens employés…

Ainsi, il est clair que parler de violence légitime dans les banlieues, est tout d’abord une notion totalement erronée. En effet, seul l’Etat, peut dans l’exercice de ses fonctions régaliennes (Police et Justice) pretendre au droit d’exercer une quelconque violence dites « légitime ». Qui plus est, le système démocratique, pose (heureusement) de nombreuses limites à cette violence, demandant à l’état la motivation de ces actes, ne serait ce que par la voie du principe de la légalité des délits et des peines. De plus, la définition du mot même de « légitimité » suppose que la violence soit fondée de « droit », ainsi, on nous parle de « jeunes », détenteurs d’un pouvoir de violence légitime, totalement hors d’un quelconque cadre, sans motivation et dont finalement les compétences outrepasses celle même de l’Etat de droit au sein duquel nous cœxistons. Est ce une aberration ?

Ne jouons pas non plus sur les mots, cela serait trop facile et admettons que ces mots aient dépassé la pensée (je l’espère largement), et que l'on n'ai pas voulu parler de violence légitime au sens ou je l’entend mais d’une violence « compréhensible », ce qui est tout aussi scandaleux. Ainsi, on en reviens encore a la sempiternelle recherche de l’excuse et de la justification de l’injustifiable. Pourquoi ? Peut être parce que nous sommes dans une société qui, faute de réussir à solutionner les problèmes, ce qui demande parfois ce que l’on nommera «courage politique », culpabilise en permanence, afin de ménager à la fois la « chèvre et le chou ». Ne rien faire, mais admettre que l’on a tord, même lorsqu’on a raison. C’est aujourd’hui ceci, le fameux jeu républicain dont tout le monde nous parle. Donc, culpabilisons et mortifions nous de ne rien avoir fait, laissons la violence légitime s’exprimer au risque de paraître « reac’ » et surtout, surtout excusons nous de l’échec cuisant du « contrat politique ». C’est a peine si j’aurais l’outrecuidance de rappeler une règle élémentaire du contrat : sa bilatéralité (au minimum). Mais il serait sans doute odieux et des plus « discriminatoire » de se poser la question quant a l’échec du contrat de savoir quelle est réellement la partie au contrat qui a refusé de s’y soumettre et de remplir ses engagements. Juste un mot : refuser d’aller en cours d’histoire au nom d’une religion ou d’une culture, c’est déjà pour moi dénoncer le contrat politique auquel on prétend. On ne peut pas demander à une partie de remplir ses engagements, sans avoir pour autant remplis les siens. En droit cela s’appelle la mauvaise foi. En politique cela se nomme l’échec républicain !

Posté par aixcentree à 20:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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