08 novembre 2005

De l'injustice...

Ou est donc le bourreau, et ou se trouve la victime ? Qui est l’accusé, qui se défend ? On est aujourd’hui dans une terrible confusion des genres, ou la société s’amuse à transformer les règles d’un jeu vieux comme le monde.

Le manichéisme est certes dépassé, et il y a fort longtemps que nous avons appris la modération. Mais les modernes modérés que nous sommes, glisse aujourd’hui sur la pente du tiède, qui n’osant plus rien affirmer, n’osant plus rien infirmer, se retrouve dans le « faux » milieu, celui ou rien n’est plus dit, rien n’est plus fait, et ou tout est politiquement correct.

Nous retrouvons, donc, tiédies, au centre d’un débat qui sent le réchauffé, et qui du reste a refroidie la majorité des politiques. Mais les problèmes demeurent, les solutions tardent, les voitures brûlent, et la démocratie s’enflamme. Facile, pour les visionnaires et missionnaires d'une démocratie "sans flamme" d’envisager des causes, mais ni conséquences, ni solutions ne sont débattus. En effet, il n’y a rien de plus facile que d’accuser les sortants, de se lamenter sur le désastre de l’intégration en France, mais qui s’inquiète de la désintégration de la société française ? Peu de monde, car il est certain que ces questions conduiront a poser les principes d’une plus grande dureté étatique mais si peu "médiatique". Et 2007 approche a grand pas, et il est aujourd’hui plus urgent de chausser ses bottes de sept lieu, que de régler les petits « différends » entre les gens "d’en bas".

Fort heureusement noël arrive et sera l’occasion d’une poignée de mesures démagogiques pour satisfaire le bon peuple de France : du pain et des jeux. Les cités auront depuis longtemps été désamorcées, et les delinquants retourneront à leur délinquance quotidienne et sans éclat. L’Etat distribuera quelques milliers d’euros à ces cités "ideales", et tel le mythe de Sisyphe, il poussera éternellement un rocher qui lui tombe dessus. La violence redeviendra ordinaire et alors tous pousseront un grand soupir de soulagement ravi de s’être débarrassé de ce problème si embarrassant. Les gens « d’en haut » s’excuseront de leur suffisance auprès des gens « d’en bas », et s’accuseront mutuellement d’avoir conduit les « jeunes » a brûler des voitures. Ils pointeront aussi un doigt accusateur, envers ceux, qui non content d’avoir un travail, avait aussi une voiture, qui attirait l’œil de nos jeunes Erostrate...

Alors, les pauvres victimes d’hier, honteuse d’être les bourreaux d’aujourd’hui, tourneront le dos, en s’excusant de n’être point malhonnête, reprendront leur travail a pied ou en bus, en espérant chaque jour ne pas être licencié par leur entreprise, qui étouffée par les charges qui augmentent afin de rembourser les dettes « sauvageonnes », risque a tout moment de ne plus pouvoir faire face. Etc., etc.…

Voilà donc, ou nous conduit le renversement des rôles, voilà ou nous conduit l’éternelle et électorale victimisation des accusés et la douloureuse culpabilité des victimes, voilà comment naît l’injustice.

Posté par aixcentree à 14:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur De l'injustice...

    la decadence sans dieu

    "Si les hommes sont si mauvais avec le secours de la religion, que seraient-ils sans elle ?"
    Benjamin FRANKLIN 1706-1790 EU

    Posté par jean-laurent, 08 novembre 2005 à 21:20 | | Répondre
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